L’Académie africaine des sciences et ses partenaires créent des fonds en faveur de la mobilité des chercheurs

Pour une collaboration plus simple entre scientifiques africains et indiens

Nairobi, Kenya, le 14 mars 2018

L’Académie africaine des sciences (AAS) et ses partenaires annoncent aujourd’hui la création de deux fonds de mobilité, le Science and Language Mobility Scheme Africa (Programme de mobilité scientifique et linguistique, Afrique) et le Africa India Mobility Fund (AIMF) (Fonds de mobilité Afrique-Inde), qui visent à accentuer les collaborations scientifiques entre les chercheurs africains et indiens.

D’un montant total de près de 500 000 USD, ces fonds seront distribués sous la forme de bourses de voyage de courte durée à une centaine de chercheurs d’universités et d’instituts de recherche africains et indiens. Au sein de l’AAS, ces programmes seront mis en place via l’Alliance pour l’accélération de l’excellence scientifique en Afrique (AESA).

Les bourses recevront le soutien de Wellcome, la Wellcome Trust India Alliance (alliance entre le Wellcome Trust et l’Inde) ayant apporté un financement supplémentaire pour l’AIMF.

« Nous sommes ravis de lancer ces deux programmes, qui offrent l’opportunité aux chercheurs de nouer des partenariats scientifiques stratégiques afin de transformer la vie des Africains et des Indiens. Les défis communs de l’Afrique et de l’Inde, dont le lourd tribut payé aux maladies transmissibles et non transmissibles, exigent l’adoption d’une approche de la résolution des problèmes et de la création des savoirs reposant sur la recherche pluridisciplinaire et interdisciplinaire », déclare le professeur Tom Kariuki, directeur de l’AESA.

Opportunités offertes :

  • Bourses de voyage à l’intention de chercheurs africains francophones et anglophones dans le cadre du Science and Language Mobility Scheme Africa. Ce programme sur cinq ans vise à accentuer les collaborations de recherche intra-africaines entre les scientifiques africains anglophones et francophones, au-delà des barrières linguistiques et culturelles, et entend s’étendre aux pays lusophones par la suite. Il découle d’une coopération entre l’AAS, Wellcome et l’Institut Pasteur, et financera des séjours de six mois maximum. Il fera l’objet d’un appel à candidature annuel uniquement ouvert aux bénéficiaires des financements de l’AAS et du NEPAD (plate-forme de l’AESA), tels que ceux des initiatives Hérédité humaine et santé en Afrique (H3Africa) et Developing Excellence in Leadership, Training and Science (DELTAS) Africa (Développement de l’excellence en leadership, formation et science, Afrique). Il s’adresse également à tous les scientifiques rattachés à l’une des 10 institutions membres du Réseau international des Instituts Pasteur en Afrique.
  • Bourses de voyage destinées à rapprocher chercheurs africains et indiens à travers le Africa India Mobility Fund. Ce fonds promeut une culture de la collaboration comme moteur de l’amélioration de la capacité de recherche et du leadership en recherche biomédicale et clinique de l’Afrique et de l’Inde. Partenariat entre l’AAS et la Wellcome Trust India Alliance, il accepte les candidatures de scientifiques africains et indiens à des séjours de trois mois maximum dans l’une ou l’autre des destinations. Le financement soutiendra la recherche collaborative sur le VIH/SIDA, la tuberculose, la dengue, le paludisme, les maladies à transmission vectorielle, les infections parasitaires, les infections émergentes, le cancer, le diabète, l’hypertension, les systèmes de santé, la résistance aux antimicrobiens, le microbiome, le développement de médicaments et les sciences biomédicales en général.


« La coopération d’un nombre croissant de chercheurs nous permettra de mutualiser efficacement les ressources et ainsi de former davantage de scientifiques, d’apprendre les uns des autres et de mieux appréhender les enjeux de santé et de développement du continent », explique Lillian Mutengu, responsable de la sensibilisation du public et de la communauté de l’AAS, qui gérera également le programme Science and Language Mobility Scheme Africa.

Les Africains tendent à collaborer plutôt avec leurs homologues américains ou européens qu’avec les chercheurs de leur continent car, originaires de pays anglophones et francophones, ils se heurtent à des barrières culturelles/linguistiques et politiques qui nuisent à l’efficacité de leur travail commun. D’après un rapport publié en 2010 par Thomson Reuters, aucune des six principales nations de recherche – Algérie, Égypte, Kenya, Nigeria, Afrique du Sud et Tunisie – du continent ne comptait de pays africain dans le top 5 de ses collaborations. Elles sont ainsi passées à côté d’opportunités de partage de leurs savoirs, par exemple lors de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, qui a vu le manque de collaboration intra-africaine priver les chercheurs de la région des connaissances et capacités disponibles en Ouganda et en République démocratique du Congo, des pays qui avaient connu ce type d’épidémie.

« Les membres du Réseau international des Instituts Pasteur sont des acteurs majeurs de la recherche biomédicale et de la santé publique dans les pays francophones d’Afrique. Espérons que la mise en place de cette initiative permettra de transcender les frontières culturelles au profit de la science et favorisera l’émergence de nouveaux talents scientifiques », souligne le Dr Marc Jouan, Directeur International de l’Institut Pasteur.

« En offrant aux jeunes chercheurs qui le souhaitent l’opportunité d’améliorer leurs compétences linguistiques en anglais ou en français, nous entendons lever les obstacles au développement de la mobilité et de la collaboration entre l’Afrique et l’Inde. Nous espérons également que cela encouragera d’autres donateurs à réfléchir à la manière d’accroître la mobilité », déclare le Dr Simon Kay, responsable des opérations internationales et des partenariats chez Wellcome.

« L’Inde et l’Afrique ont toutes deux à gagner de leur collaboration. L’Inde bénéficie d’avancées technologiques, comme la production de médicaments génériques, et représente l’un des principaux déposants de brevets au monde, offrant ainsi aux scientifiques africains des opportunités d’apprentissage. L’Afrique, elle, dispose d’un environnement propice à la recherche, avec son fardeau de maladies, sa diversité génétique et ses capacités relativement bien développées en termes d’essais cliniques. Avec l’AIMF, nous comptons exploiter cette relation et participer à l’effort de mise en place de technologies scientifiques de pointe et d’une équipe novatrice afin de faire progresser les économies du savoir et garantir à une population croissante une vie productive en bonne santé », précise le Dr Evelyn Namubiru-Mwaura, responsable de la stratégie et de la politique de l’AAS, qui gérera également l’initiative Africa India Mobility Fund.

L’AIMF fait suite à la troisième édition du Sommet du Forum Inde-Afrique qui s’est tenue en 2015. À cette occasion, les chefs d’État ont adopté la déclaration de New Delhi, renouvelant leur engagement de coopération et définissant les thématiques prioritaires ainsi que la manière dont l’Afrique et l’Inde peuvent collaborer pour améliorer la vie de leurs habitants.

L’AIMF compte parmi les nombreuses initiatives visant à exploiter les synergies entre l’Afrique et l’Inde identifiées lors du Sommet Inde-Afrique sur les sciences de la santé de 2016.« L’Afrique et l’Inde ont en commun les problèmes de santé, mais aussi la jeunesse de leur population. L’India Alliance est ravie de s’associer à l’AESA et à l’AAS pour lancer ce fonds de mobilité Afrique-Inde. Nous espérons que l’union des chercheurs de ces régions aboutira à l’identification de solutions durables à nos problèmes communs », indique le Dr Shahid Jameel, PDG, Wellcome Trust/DBT India Alliance.

« Chez Wellcome, nous sommes animés par la volonté farouche d’aider les chercheurs d’Afrique et d’Inde à se positionner aux avant-postes de la recherche médicale et biomédicale, guidant et formant la future génération et contribuant à améliorer la qualité de vie du plus grand nombre. Le leadership se conquiert notamment par la mobilité, la collaboration et l’acquisition d’expérience », affirme le Dr Kay. 

Ouverture des candidatures aux fonds de mobilité intra-africain et Afrique-Inde le 3 avril 2018. Pour plus d’informations sur les candidatures, cliquez ici.